Retour sur le FIGRA : une journée riche en découverte

Une rencontre inhabituelle pour les élèves du lycée ce vendredi 2 février. En effet, les élèves ont été invités à assister au retour sur le FIGRA de 2018. Ils ont d’abord pu voir dans la matinée un documentaire : le Bulli Tour Europa réalisé par Baptiste Cogitore et Claire Audhuy en 2014. Dans la soirée, quelques élèves volontaires ont pu se rendre au Centre Culturel Henri Matisse de Noyelles-Godault pour visionner le documentaire de Michaël Prazan, La Passeuse des Aubrais de 2016.

Le FIGRA, Festival international du grand reportage d’actualité et du documentaire de société, est un évènement permettant au plus grand nombre de voir des documentaires sur des sujets variés. Le festival permet aussi aux professionnels de rencontrer les spectateurs et d’échanger sur leur travail, ce qu’ils ont voulu faire passer à travers leur projet. Ce sont donc des personnes qui n’auraient peut-être pas l’occasion ou même l’idée d’étudier les sujets d’actualité précis qui peuvent assister au FIGRA. C’est une opportunité de découverte permettant en même temps de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Le matin, plusieurs classes du lycée Fernand Darchicourt se sont rendues en salle polyvalente pour voir le documentaire Bulli Tour Europa. Ce documentaire est en fait le voyage de Baptiste Cogitore, tout jeune journaliste sortant de son école strasbourgeoise et Claire Audhuy, sortant, elle, d’études de théâtre, compagne à l’époque et désormais épouse de M.Cogitore. Ils sont partis visiter les pays d’Europe de l’Est, notamment les pays ex-communistes et les pays de l’ex-Yougoslavie qui les intéressaient beaucoup. Le voyage a été planifié pendant 2 ans et a duré 6 mois. Les deux protagonistes ont dû faire appel à des partenariats pour la nourriture, l’essence,… Leur démarche n’était pas forcément une démarche de production à la base. C’est en montant le film sur la route qu’ils se sont rendus compte du potentiel de leur projet. Les élèves ont eu l’occasion de voir quatre extraits du documentaire. Les thématiques vont du simple conflit de proximité comme à Vukovar, ville frontalière de la Serbie et de la Croatie à la mémoire juive en Lituanie où l’on rencontre un artiste peintre français peignant des synagogues de bois d’avant la guerre. Après le visionnage des extraits, Baptiste a permis aux élèves de s’exprimer et a répondu aux questions. Il a expliqué son projet avec son point de vue, les anecdotes du voyage et les choix faits. Il nous a par exemple appris qu’il a dû faire appel à des « Fixers » pour mieux comprendre les situations parfois complexe des pays. Avant de partir, il nous a conseillé son ouvrage Aux frontières de l’oubli, paru en 2016, racontant son voyage. Il y reprend quelques éléments du film tout en complétant et en ajoutant des informations ne pouvant pas être supportées par le format choisi.

Pendant ce temps, au centre culturel, les élèves du lycée ont aussi pu assister à quatre projections accompagnées d’un débat. Le matin, il s’agissait de Le monde sous les bombes de Guernica à Hiroshima avec un débat de Clément Weppe et de Kurdistan, la guerre des filles avec un débat de Louis Lallau. L’après-midi, Gabriel Kuc pu animer un débat sur Syrie : retour à Alep et Ines Sekouri a interviewé le réalisateur Pierre Chassagnieux sur Les enfants volés d’Angleterre.

Dans la soirée, les élèves ont été invités à venir au Centre Culturel Henri Matisse à Noyelles-Godault. Cependant, très peu d’élèves du lycée sont venus. Nous avons assisté à un premier reportage réalisé en 2016 sur le Caire et des disparitions inquiétantes. En réalité, la ville a toujours été le théâtre d’arrestations politiques et la liberté est assez peu respectée mais depuis l’arrivée de Abdel Fattah al-Sissi au pouvoir, cela a largement empiré. Des égyptiens mais aussi des personnes d’autres nationalités sont enlevées par le gouvernement mais la police nie en bloc toutes les accusations. Un écrivain et enseignant italien a notamment été tué par la police en 2016. C’est ce qui a lancé la polémique dans les médias européens. France Info a tenté d’éclairer la situation. On voit surtout la peine et la douleur des familles de victime qui sont désarmées face à la situation. Ces personnes « passées derrière le soleil » ne seront sans doute jamais retrouvées.

Ensuite, nous avons été conviés à voir le documentaire La Passeuse des Aubrais réalisé par Michaël Prazan en 2016. Michaël est un réalisateur et auteur français né d’un père juif ayant connu l’occupation allemande. Tout commence lorsque Michael fait la rencontre d’une femme qui lui parle d’un recensement de témoignage d’enfants « cachés » de l’INSEE. Il sait que son père est l’un de ces enfants mais il n’a jamais souhaité s’exprimer sur le sujet avant. Le réalisateur voit ce recensement comme une opportunité et convainc son père d’y participer. En 2006, Bernard Prazan raconte son expérience pour la première et dernière fois. Michael y assiste depuis une autre pièce pour ne pas interférer. Après ce témoignage touchant, il veut en savoir plus et approfondir pour connaitre toute l’histoire. A travers ce film, on peut observer la documentation du réalisateur et son périple pour retrouver les lieux et certains personnages du récit de son père. Il a notamment retrouvé la passeuse qui a permis à son père de ne pas être déporter, d’où le nom du documentaire. Le réalisateur découvre que le récit de son père est parasité de souvenirs imprécis. Il dit ne pas l’avoir revu mais elle affirme qu’elle est revenue le voir plus tard dans les années 60. Finalement, on découvre un document signé de son père qui atteste de leur rencontre. Alors qu’il l’avait fait passer pour une collaboratrice dans son témoignage, elle est celle à qui il doit la vie. En réalité, Michael Prazan remercie un peu cette femme sans qui il n’aurait, logiquement, jamais eu la vie. Finalement, après la séance, Michael Prazan est venu débattre avec les spectateurs. Deux élèves en terminale L, Florent Demarthe et Léa Hertault ont préparé des questions pour le réalisateur. Il a indiqué que ses recherches étaient personnelles et qu’elles n’avaient pas un but de publication au départ. Il a eu beaucoup de craintes concernant la réception par le public car il s’agit de la mémoire de sa famille et avait peur que ça n’intéresse pas le public. Au final, ce documentaire a reçu un accueil très positif et dans la salle tout le monde l’a applaudi.  Nous fûmes satisfaits de cet évènement et le retour sur le FIGRA s’est terminé vers 23h30.

Maxence Wyckhuys

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s