La disparition d’une icône révolutionnaire

Le révolutionnaire Fidel Castro, est décédé ce vendredi 25 novembre à La Havane à l’âge de 90 ans. L’annonce de sa mort à été déclaré à la télévision nationale, par son frère Raul Castro le jour même peu avant minuit. 

« Le commandant en chef de la révolution cubaine est décédé à 22 heures 29 » a déclaré son frère Raul Castro, qui l’a succédé au pouvoir en 2006, à la télévision. Fidel Castro avait cédé son poste de premier secrétaire du parti communiste de Cuba à son frère Raul en avril 2011 pour raison de santé. Même s’il se faisait rare aux expositions médiatiques, Fidel Castro resté très présent dans la vie politique cubaine. Il continuait à faire part de ses réflexions et recevait chez lui des personnalités étrangères comme le pape François.

Fidel Castro décédé : entre célébration et deuil

Suite à l’annonce de la mort de Fidel Castro, de nombreuses réactions au sein du continent américain sont apparues. Á Cuba un deuil de neufs jours a été décrété et des cérémonies en hommage sont prévues dans les jours à venir pour honorer le père de la révolution cubaine. Ses funérailles se dérouleront le 4 décembre à Santiago de Cuba, qui deviendra alors un lieu symbolique. Le calme et la tristesse règnent sur l’île, toutes les activités ont été suspendu comme les matchs de baseball, la plupart des restaurants ont réduit leurs heures d’ouverture, la vente d’alcool est interdite…Les médias nationaux concentrent leur programme sur des reportages, documentaires et débats à la gloire de Fidel Castro. Tout est mis en œuvre pour faire ressentir la tristesse de Cuba face à ce décès : « C’est un grand leader, on aurait dû décréter 30 jours de deuil, vraiment » déclare le bouché Andy Lores, habitant dans le sud de La Havane, à l’AFP.

Cependant pour certaines personnes, la mort de Fidel Castro rime avec célébration comme on peut le remarquer à Miami par exemple. Des exilés cubains se sont rassemblés dans les rues de Miami en brandissant des drapeaux, dansant et tambourinant sur des poêles,casseroles, selon plusieurs images et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. »C’était un criminel, un assassin et un homme misérable », vitupérait Hugo Ribas, 78 ans, au milieu d’un millier de personnes rassemblées.

Un homme aux convictions hors-normes : du libérateur au dictateur

C’est en étudiant à l’université de la Havane, dont il sort diplômé, que Fidel Castro s’initie à la lutte contre les dictatures d’Amérique du Sud. En 1952, il revendique son coté révolutionnaire en s’opposant à Fulgencio Batista, arrivé au pouvoir suite à un coup d’état. Il se retrouve alors emprisonné et est libéré deux ans plus tard où il choisit l’exile accompagné par son frère Raul Castro. Fidel devient le meneur de la révolution cubaine, il arrive à gagner le soutien populaire et s’entoure de plus de 800 hommes. Il apparaît comme un héros de la démocratie et a pour seul but le renversement du régime de Batista. Objectif réalisé étant donné qu’après deux ans de guerilla intense, Fidel Castro parvient à provoquer la fuite de Batista et s’installe au pouvoir en janvier 1959.

Le peuple le surnomme alors « El commandante ». Il se rapproche du parti communiste cubain dont son frère est membre et affirme un gouvernement sur le modèle du socialisme révolutionnaire. Au pouvoir, il supprime la constitution de 1940 qui garantissait les droits fondamentaux et gouverne pendant 17 ans sans constitution. C’est à partir de 1976, qu’il impose un texte qui est la copie conforme à la constitution soviétique. Il poursuit les partisans de Batista, provocant plus de 600 victimes. Dés son arrivée au pouvoir, « El Commandante » se serait transformé en véritable dirigeant autoritaire refusant toute libéralisation. Ce dernier met en place une politique de répression envers les opposants, permettant de les incarcérer voir exiler ou encore exécuter. Les tortures physiques et psychiques étaient utilisés.

« C’est l’homme des E : égotiste, égoïste et égocentrique. Ceux qui ont osé lui résister ont connu l’emprisonnement, les passage à tabac et les actes de répudiation. » informe Martha Beatriz Roque, une opposante à Fidel Castro. Personne n’était épargné de Fidel, même ses compagnons de lutte avec qui il s’était rebellé. Notamment en 1959, lorsque Huber Matos, l’un de ses plus proches alliés est condamné à 20 ans de prison pour une opinion différente à celle du régime. Ou encore en 1960, lorsqu’il ordonne une répression qui a entraîné l’arrestation de plus de 70 000 prisonniers politiques et 631 condamnations à mort.

Fidel Castro est aujourd’hui, soit souvenu comme un dictateur sans cœur ou un héros de Cuba dans le monde. Son frère, Raul Castro, continue de le caractérisé comme « L’homme de la Révolution », en reprenant, le fameux slogan de Fidel Castro : « Hasta la victoria, siempre ! » (« jusqu’à la victoire, toujours ! »)

Ilana Khadir

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s