LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM À ARRAS FÊTE LES 25 ANS DE LA CHUTE DU MUR DE BERLIN

Le Festival international du film proposait cette année du 7 au 16 novembre un programme évoquant l’anniversaire de la chute du mur. Le jeune public a ainsi pu visionner Doxs en court, un programme de trois courts métrages consacrés à la jeunesse allemande d’hier et d’aujourd’hui. C’est la projection de « dans la ville », un documentaire réalisé par Roland Steiner dans la RDA de 1979 qui a retenu notre attention.

Les jeunes spectateurs face aux apprentis

Pendant 17 minutes, Roland Steiner filme des jeunes apprentis en 35 mm noir et blanc. Le documentariste les interroge sur la façon dont ils vivent leur jeunesse en pays socialiste et dont ils envisagent leur avenir. Ce qui étonne le public des lycéens qui assiste au visionnage, c’est de voir l’enthousiasme des ces jeunes gens de 16 à 19 ans pour le régime socialiste dans lequel ils vivent. Certains ont déjà leur petit « chez soi » au confort sommaire, mais satisfaisant ainsi qu’un travail : ils n’ont pas peur de l’avenir, ils semblent heureux. Ceux qui sont encore en formation professionnelle relèvent : « Dans notre société socialiste, notre parole compte autant que celle du professeur, en société capitaliste, nous n’aurions qu’à nous taire ».

L’Est face à l’Ouest
Devant la caméra de Rolans Steiner, les jeunes débattent sur l’apparence. Dans cette société censée limiter les classes et les marques d’appartenance sociale, il se crée pourtant entre les jeunes différents groupes. Certains reçoivent des colis de RFA, ils peuvent ainsi suivre la mode américaine et porter le symbolique jean LEVI’S. D’autres sans contact avec l’Allemagne de l’Ouest n’y ont pas accès. Le régime n’importe pas de produits occidentaux : il ne veut pas nourrir le capitalisme.

Un documentaire de propagande ?
Matthias Steinle, spécialiste du cinéma de propagande en RDA, nous explique que la censure officielle est moins forte à la fin des années 70 que dans les années 50. La télévision est devenue le vecteur premier de la propagande, les réalisateurs de cinéma sont donc moins contrôlés. R. Steiner a pourtant avoué avoir pratiqué une forme d’autocensure : « Oui, j’ai participé à cette propagande, mais sans le vouloir ». Par exemple, dans aucun de ses documentaires, il n’ose filmer le mur de Berlin. Une audace toutefois : dans les années 80, il filme des skinheads, dont l’existence était niée par le système. La RDA souhaite, en effet, incarner l’anti fascisme et ne peut tolérer ces jeunes marginaux d’extrême droite.

K. Glébioski, A. Mortelette et F. Kurek

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