Le Fanzine, un objet imprimé non identifié?

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« Punk », fanzine de Gillian McCain

Retour sur ces publications méconnues apparues au milieu du XXème siècle, inspirées des gravures.

Sa petite histoire

Au-delà du fait que ces publications traitent souvent de musique rock et autres matières de la contre-culture, ces petits journaux autoédités sont réalisés par des personnes qui travaillent en collectif et qui les publient sous un pseudo. The Cornet, premier fanzine de l’histoire apparu dans les années 30 aux Etats-Unis, en est la preuve. Ce fanzine s’appuie sur les techniques anciennes de la gravure et reproduit surtout la correspondance de fans de science fiction.

De la photocopieuse à Internet

Aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est grâce à la photocopieuse qui permet une reproduction à moindre frais que les fanzines voient le jour. Ceux-ci sont produits par des amateurs, autrement dit des fanatiques qui font un magazine par passion et non pour la rentabilité. Ces petites œuvres permettent une liberté totale d’expression sans contrainte. Comme il est question de passionnés et d’amateurs, les fanzines ont une durée de vie très limitée. Mais aujourd’hui, grâce à Internet qui offre des capacités de diffusion plus grandes, les fanzines peuvent à jamais être gravés dans les mémoires des générations futures.

La fin des fanzines ?

Á son apogée dans les années 70 et 80, la création des fanzines ne s’est pas arrêtée pour autant. Les amateurs peuvent toujours laisser parler leur imagination et continuer à innover quelque soit leur âge. D’ailleurs les ateliers de création de fanzines sont proposés dans certains musées; comme au L-A-M à Villeneuve d’Ascq, dans le cadre de l’exposition « L’autre de l’art ». Les fanzines sont trouvables un peu partout en France. Dans le Nord-Pas- de- Calais, on peut se les procurer à Lille au Cagibi, une librairie associative créée par des artistes lillois.

Robillard Marion et Douah Maîssane (2des Arts visuels)


Le Fanzine à l’honneur au LAM

Apparu dans le courant de la contre-culture, d’abord aux États unis puis en France, le fanzine auquel le LAM consacre une belle rétrospective, ce petit journal de passionnés créé par des débutants touche à des sujets leur tenant à cœur dans son graphisme implacablement novateur. Pour mieux comprendre ce phénomène peu connu, un petit détour historique s’impose.

Un magazine inclassable
Le Fanzine aussi appelé graphzine a vu le jour dès les années 60, en Amérique et en France. C’est un petit journal qui se présente sous plusieurs formes, diffusé à petite échelle, il ne possède pas toujours un texte. Il est difficile d’accès, car il faut l’acheter directement auprès de ceux qui l’ont créé, ce qui en augmente la rareté. Ces créateurs passionnés travaillent en équipe sous des pseudonymes, s’occupant du fanzine de A à Z, de l’édition à l’impression, privilégiant la technique de la sérigraphie. Malgré le dur labeur de ces équipes, les graphzines sont considérés comme des BD pirates et ne sont pas approuvées par les « vrais » éditeurs comme Marvel par exemple, figure de proue du comics américain.

HOPITAL BRUT, une référence du Fanzine à la FrançaKONICA MINOLTA DIGITAL CAMERAise
Si le Fanzine a pris essor aux USA, la France n’a pas tardé à faire preuve d’une grande inventivité dans ce domaine avec des titres devenus légendaires, comme Hôpital Brut n°1 par exemple, fanzine du groupe dont faisait partie Pakito Bolino « le dernier cri » datant de 1997, imprimé en offset. La couverture plutôt sympa représente un ovni noir sur un fond rose créant un contraste saisissant. Cette créature nous fait un peu penser à un fou dans un asile, ou à un prisonnier avec ses pieds enchainés, tout cela dans un graphisme faisant clairement penser à l’art brut, avec son côté mi-enfantin, mi-primitif, au sens noble du terme. « On peut dessiner sans être artiste » affirment souvent les dessinateurs de Fanzine quand ils doivent évoquer leur démarche.

Ce numéro n’est pas le seul, il en existe 9 autres, créés par ce même groupe, particulièrement productif. Symbole d’une époque, l’exposition du LAM nous a prouvé que le Fanzine a encore de beaux jours devant lui, à travers le talent des nombreux dessinateurs de la scène artistique actuelle car comme disait un grand artiste nommé Jean Dubuffet : « le vrai art, il est toujours là où on ne l’attend pas. Là où personne ne pense à lui ou ne prononce son nom ». L’exposition du LAM lui donne mille fois raison.

Laura, Marion, Léana (2des Arts visuels)

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