COP 21 : Quels engagements contiennent le premier accord mondial sur le climat ?

Du 30 novembre au 11 décembre 2015, 196 partis se sont réunis au Bourget pour adopter un accord universel sur le climat. L’accord signé lors de cette 21ème conférence sur le climat prend des airs de réussite mais doit encore se traduire par des faits…

C’est quoi la COP 21 ? (pour ceux qui veulent repartir à 0)
La France a accueilli fin 2015 la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. La COP21 avait pour objectif d’aboutir à un nouvel accord international et décisif sur le climat afin de remplacer dès 2020 le protocole de Kyoto. 196 parties soient 195 pays et l’Union européenne se sont entendus sur un nouvel accord contraignant et universel afin de limiter les gaz à effet de serre. La particularité de cette COP21 est que l’accord ne concerne pas seulement les pays développés mais aussi les pays en développement.

Un objectif ambitieux : 2°C …
2°C, c’est le seuil de réchauffement mondial à ne pas dépasser que s’est fixée la communauté internationale par rapport à l’aire industrielle (c’est-à-dire le 19e siècle). Cet objectif qui figure dans l’article 2 de l’accord provient d’une décision déjà prise lors de la conférence de Copenhague en 2009. Nous sommes aujourd’hui déjà à +0,8°C. L’article stipule également que des efforts devront être réalisés pour tenter de rester en dessous de 1,5°C, un objectif très (voire même trop) ambitieux selon les spécialistes du climat. Cependant la politique climatique est nécessaire car sans elle on estime que le réchauffement mondial atteindrait 4,6°C à la fin du siècle.

…mais comment l’atteindre ?
186 Etats ont promis de réduire leurs émissions de CO2 afin qu’en 2030 l’émission de CO2 soit de 55 gigatonnes. Cependant c’est un nombre insuffisant : il faudrait atteindre 40 gigatonnes pour rester sous 2°C. Il faut donc revoir les engagements volontaires des pays si nous voulons atteindre l’objectif. Des experts doivent déterminer d’ici 2018 le niveau d’émission compatible avec un réchauffement de 1,5°C. Il faudra alors faire un bilan pour que chaque pays augmente ses efforts. Ce processus de révision sera renouvelé tous les 5 ans.

Adoption de l'accord final dans la salle plénière de la Cop21 à Paris-Le Bourget. Samedi 12 décembre 2015 Jean-Claude Coutausse pour Le Monde

Adoption de l’accord final dans la salle plénière de la Cop21 à Paris-Le Bourget. Samedi 12 décembre 2015 Jean-Claude Coutausse pour Le Monde

Les limites de l’accord
Le plus dur pour sauver la planète grâce au climat et de se répartir les efforts. En effet, les pays en voie de développement ont rappelés aux pays développés leur responsabilité historique dans le réchauffement climatique. Les pays en développement appellent ainsi aux pays riches à redoubler d’efforts. L’article 2 traite de ce compromis : il indique que tous les Etats n’ont pas les mêmes capacités d’efforts ni la même part de responsabilité au problème actuel. Les pays développés doivent donc être les Etats moteurs de la réduction d’émissions de gaz à effet de serre et doivent aider financièrement les pays en voie de développement dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les pays riches ont pris l’engagement de mobiliser chaque années 100 milliards de dollars afin d’aider les pays en développement.

Images satellites de la banquise arctique en septembre 2005 puis en septembre 2007

Images satellites de la banquise arctique en septembre 2005 puis en septembre 2007

Un accord qui doit sauver la planète
Si le réchauffement climatique se poursuit au rythme actuel, on estime qu’à la fin du siècle 30% de la biodiversité aura disparue. En effet on observe que les espèces terrestres les plus mobiles se sont déjà déplacées d’une centaine de kilomètres vers le Nord. Si on ne diminue pas les émissions de gaz à effet de serre, les océans pourraient atteindre en 2100 un pH de 7,8. L’acidité toucherait alors les écosystèmes marins et menaceraient la survie de nombreuses espèces. On estime également qu’en 2100, si le réchauffement se poursuit ainsi, le niveau moyen des océans pourrait augmenter d’un mètre. 400 millions de personnes seraient alors menacées notamment en Asie (Shanghai, Tokyo,…) mais aussi d’autres grandes villes en Amérique du Nord tel que New York ou Miami ou encore Amsterdam en Europe.

Kurek Florine

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