Quelques minutes avec la conservatrice du LAM…

Jeanne Bathilde Lacourt conservatrice d’art moderne du musée du Lam à Villeneuve d’Ascq

Il y a peu, nous sommes allés à la rencontre de Jeanne Bathilde Lacourt conservatrice d’art moderne du musée du Lam à Villeneuve d’Ascq pour apprendre à connaitre cette profession . Retour sur un métier aussi passionnant que peu commun et difficile d’accès : conservateur de musée.

« Il faut savoir être organisé »

Les mains derrière le dos et avec passion , la conservatrice Jeanne Bathilde Lacourt évoque ce métier qui n’a pas toujours été sa vocation . En effet, plus jeune, elle se destinait au métier d’Historienne puis son parcours l’a menée vers la conservation d’œuvres. La jeune femme a commencé ses études au lycée de Besançon où elle a suivi des cours d’histoire de l’art. Elle s’est tout de suite accrochée a ce domaine et a fait ses gammes à l’école du Louvre, à Paris. L’art moderne l’a particulièrement attirée et elle en a fait sa spécialité. Une formation de muséologie a complété son cursus, ce qui lui a permis de postuler au LAM et d’en être depuis 3 ans et demi, la conservatrice pour la collection d’Art moderne.

« Bien plus difficile qu’il n’y parait …»
Nous lui avons demandé de nous raconter les différents aspects de son métier et sa réponse fut complète. « il faut être calme, vigilant et ouvert d’esprit » ; c’est un emploi à plein temps et à plusieurs facettes. Il y a une partie « pas très marrante, derrière un ordinateur » : c’est le volet administratif qui consiste par exemple à gérer les différentes demandes des autres musées à laquelle Madame Lacourt consacre beaucoup de temps. Le coté plus intéressant de ce métier concerne le déplacement des œuvres et l’entretien de celles-ci dans des conditions très strictes. Chaque œuvre est un trésor auquel il faut veiller : Dans les réserves, température au degré près (19-21°) et taux d’humidité très précis (45-55%) et lors des expositions, accrochage et décrochage délicats nécessitant une concentration de tous les instants. La préparation et l’organisation d’expositions comme « Brouillon Kub » demandent plus d’un an de travail  mais c’est une tache fascinante à partager en équipe. On sent l’amour de Jeanne Bathilde Lacourt pour son métier ; sa voix est timide et ses mots remplis de conviction, cette femme est une passionnée. Un dernier détail pourra en refroidir plus d’un : « Les études qui donnent accès à ce métier ne sont pas simples, il faut s’accrocher, être très motivé, et ne jamais s’arrêter de travailler.»

Propos recueillis par Marine Houziaux,  Pauline Grochowski et Hugo Machut (2des Arts visuels)


4 Questions à JB.LACOURT, conservatrice du LAM

JB Lacourt 2

JB Lacourt devant l’entrée du LAM, 14 octobre 2014

Jeanne Bathilde Lacourt, conservatrice d’art moderne du LAM de Villeneuve d’Ascq, répond aux questions des élèves de Secondes Arts Visuels du Lycée Darchicourt, le 14 octobre 2014

En quoi consiste votre métier de conservatrice ?
Mon métier consiste à conserver les collections dont j’ai la charge. Les conservateurs veillent à ce que les tableaux soient gardés en réserve dans de bonnes conditions et ils programment des restaurations si elles sont nécessaires. Nous avons aussi pour mission de faire connaître les collections au public et de lui fournir des « clefs de lecture ». Il s’agit d’informer au mieux les visiteurs par des textes, des cartels, des étiquettes et des catalogues.

Quelles sont les responsabilités qu’implique votre métier ?
Ce métier implique différents types de responsabilités, car une œuvre court de nombreux risques même dans un musée. Dans une réserve, il faut faire attention aux conditions climatiques, car si l’œuvre est conservée dans un milieu humide elle peut subir l’attaque de moisissures et les papiers peuvent gondoler. En milieu trop sec, ils risquent de se déchirer… Les œuvres doivent être stockées correctement, jamais elles ne sont superposées par exemple et le transport s’organise selon des règles strictes. C’est une responsabilité partagée avec le régisseur des œuvres. D’autres moments représentent aussi un danger pour les œuvres comme les accrochages et les décrochages lors d’expositions.

Quelles sont les activités du quotidien ?
Le quotidien, c’est beaucoup de travail administratif à l’ordinateur. Il faut organiser le déplacement des œuvres lors des prêts, en concertation avec d’autres services. Régulièrement, il faut superviser les accrochages dans les salles et bien sûr une grande partie de notre temps toute l’année consiste à organiser les expositions temporaires pour les saisons à venir et en concevoir le catalogue. Prévoir une exposition, c’est un travail de deux ou trois ans en amont.

Quelles sont les qualités requises pour ce métier ?
Nombreuses sont les qualités requises pour ce métier polyvalent :
– Être bien sûr un très bon historien d’art et avoir accumulé un certain nombre de connaissances sur le domaine concerné
– Être très bien organisé et réactif pour la partie administrative
– Et savoir travailler en équipe, car une exposition est toujours le fruit d’un travail collectif.

Le conseil de JB Lacourt pour les lycéens intéressés par ce métier ? Travailler dur, car les places sont rares !

Marine et Corentin (2des Arts Visuels)

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