Mouna Ayoub, une prisonnière en cage dorée

Couverture du livre La Vérité

Couverture du livre La Vérité

Tour à tour fillette téméraire du Liban des années 60, étudiante parisienne fauchée, ou encore femme d’un milliardaire saoudien, la jet-setteuse la plus célèbre du Moyen-Orient nous conte, dans sa biographie, sa vie tourmentée, ou plutôt ses vies.

D’abord, que les choses soient claires : il ne s’agit pas ici d’une énième plainte d’une femme qui a souffert d’une vie passée et qui souffre toujours de ses conséquences. En effet, Mouna Ayoub souffre de la perte de ses 5 enfants, qu’elle a l’interdiction de revoir depuis son divorce avec son mari saoudien. Mais l’auteur est une femme forte, et elle le reste. On suit pendant 200 pages le parcours de cette femme atypique qui a construit sa fortune d’une manière qui l’est tout autant.

Une femme à multiples visages
Dans ce livre, on apprend que derrière la personne forte se cache une petite fille haïssant son père élevée dans la plus pure tradition catholique parmi les orangers du Liban. Une belle jeune fille en fleur partie vivre ses rêves dans un Paris luxueux. Et enfin une convertie par amour qui se retrouve dans les plus belles villas de Riyad. On en apprend plus sur elle : elle aime la mode, les belles choses en général. Elle est tantôt drôle lorsqu’elle se retrouve dans des situations incongrues, tantôt inquiète lorsqu’elle fait face à la maladie de ses enfants. Mais toujours admirable de courage et aussi d’entêtement face aux interdits de la religion.

Une relation tourmentée
La partie la plus conséquente de son livre, c’est d’ailleurs son mariage avec Nasser Al-Rashid. La vie qu’elle a construite avec ce proche de la famille royale saoudienne et qu’elle a décidée d’abandonner. Cette histoire d’amour mais aussi de tourment l’a construite, façonnée et détruite à la fois. On suit son récit avec attrait, on se demande jusqu’à quand leur union durera. On a de la compassion pour Mouna, on en veut à son mari. Finalement, ça tombe : le divorce.

La liberté à quel prix?
On sent tout de même un soulagement pour celle qui a réussi à se libérer de ses chaînes, mais le revers de la médaille est bien là : une mauvaise réputation à vie dans tout le Moyen-Orient. En effet, le richissime ex-mari est influent, et l’interdiction formelle de revoir leurs enfants, ses enfants. C’est finalement un combat que mène Mouna Ayoub à travers ce qu’elle écrit, un combat auquel on peut prendre part en lisant cette excellente biographie qui nous livre les blessures secrètes d’une femme de caractère.

Neggaz Zineb

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