Quand les élèves participent au devoir de mémoire

Ce mercredi 11 septembre 2019, les élèves de TL du lycée Darchicourt ont pu suivre les commémorations de la rafle du 11 septembre 1942 à Lens dans le cadre de leurs réflexions sur la Mémoire de la Shoah et plus généralement sur ce qu’est le devoir de mémoire. Le 11 septembre 1942, 317 Juifs de la communauté de Lens ont été arrêtés et envoyés à Auschwitz-Birkenau. 

La mairie de Lens avait organisé la projection du documentaire de Carine Mournaud, La Vie oubliée des Juifs de Lens qui a permis de fixer en 2012 le témoignage de survivants de cette rafle. Après sa diffusion, la réalisatrice, des historiens, des témoins et leurs enfants ont pris la parole pour commenter le film, répondre aux questions et  raconter le jour de la rafle et les souvenirs de la vie de la communauté. Fuyant la misère et l’antisémitisme dans leur pays, les Juifs Polonais sont arrivés dans les années 20 à Lens, où travaillaient déjà à la mine nombre de leurs compatriotes catholiques. Durant la guerre, le Nord-Pas-de-Calais est sous commandement allemand de Belgique. Ainsi, les déportés lensois arrêtés ce 11 septembre 1942 transiteront ils par Lille-Fives puis Malines (qui dans l’organisation ferroviaire de la déportation avait le même rôle en Belgique que Drancy en France) avant d’être envoyés à Auschwitz le 15 septembre. Sur les 513 personnes arrêtées dans le Nord, quelques cheminots de la gare de Fives réussiront à en sauver une trentaine en permettant notamment à certains de sauter du train qui se mettait en marche. Après la guerre, la communauté est décimée car outre cette rafle, c’est plus de la moitié de la communauté qui disparaît.

Mathilde Guillemez, élève de TL3 a été plus particulièrement sensible à certains témoignages : « Je me souviens du témoignage de Frieda Gelwerth, qui est morte le 6 juin dernier. Elle racontait son histoire dans le film de Carine Mournaud. Ses parents étaient des juifs polonais ayant migré en Allemagne à cause des conditions de vie difficiles en Pologne au début du XXème siècle. Elle vivra avec eux à Berlin jusqu’à la Nuit de Cristal. Après ces événements, son oncle émigré en France viendra les chercher, elle et sa sœur, en novembre 1938. Ses parents ne les rejoindront qu’en août 1939 pour s’installer à Lens. Le matin du 11 septembre 1942, alors qu’on frappait à leur porte, son père leur a dit « ça y est, on vient nous chercher ». Arrivés à Birkenau, elle dit juste à sa mère « A plus tard » alors qu’en fait, c’était la dernière fois qu’elle la voyait : le camion dans lequel sa mère est montée allait la conduire directement à la chambre à gaz. Je pense que c’est le moment qui m’a le plus marquée. Imaginer rendre service à ses parents et leur éviter la peine de marcher et en fait les envoyer à la mort. ».

Mme Ginette Kolinka, qui était déjà venue témoigner au lycée a volontiers répondu aux questions des élèves. Après ce temps d’écoute et de témoignages, les élèves ont assisté au dévoilement de la plaque commémorative et au dépôt de gerbes au rond-point Van Pelt.

 

« C’est une histoire qu’on connait de loin » confie un élève. L’objectif pour la mairie de Lens comme pour l’actuelle communauté juive de Lens est d’ancrer la mémoire de la Shoah, en se souvenant des lieux d’habitation des victimes de la rafle : rue Emile Zola, rue Casimir Beugnet, rue du 19 mars 1962 (alors rue du Marais). Le projet serait aussi de consacrer la synagogue actuelle à la mémoire par la création d’un musée.

Alice ZYMNY

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